10/05/2021
_Darwinian Feminism and Early Science Fiction_
Darwinian Feminism and Early Science Fiction : Angels, Amazons and Women : Patrick B. SHARP : 2018 : University of Wales Press (série "New Dimensions in Science Fiction") : ISBN-13 978-1-78683-229-0 (la fiche ISFDB du titre) : xii+193 pages (y compris index et bibliographie) : coûte 60.00 GBP pour un petit hc non illustré sans jaquette, disponible chez l'éditeur, aussi disponible en e-book.

En donnant dans la caricature la plus complète, il y a deux sortes d'auteurs qui écrivent sur les interactions entre science fiction et féminisme : ceux qui "connaissent" le féminisme (Barr, Melzer) et ceux qui "connaissent" la science fiction (Yaszek, Davin, Larbalestier). Il en résulte généralement des "récits" très différents, les premiers nous racontant l'histoire d'une citadelle masculiniste prise d'assaut par de courageuses guerrières durant les années 60, les seconds nous peignant un genre à dominante masculine tant dans ses producteurs que de ses consommateurs mais où certaines voix féminines et féministes ont pu se faire entendre dès le début. Je dois avouer que c'est avec plaisir que je peux placer Sharp dans le second camp. En s’appuyant sur une étude détaillée du matériau qui est quand même la base de toute analyse sur le genre, c'est à dire les textes eux-mêmes, l'auteur trace l'influence du "Féminisme Darwinien" (l'idée que la théorie de l'évolution postulée par Darwin peut justifier/appuyer des aspirations féministes) dans la proto-SF et surtout dans les magazines SF des années 20 et 30.

La démonstration de Sharp est parfaitement maîtrisée et s'appuie sur des lectures de textes d'un petit groupe d'auteurs féminins (Lilith Lorraine, Clare Winger Harris, Leslie F. Stone, Leigh Brackett, C. L. Moore...) qui, au sein d'un univers clairement masculin (je le répète), ont introduit diverses thématiques ou problématiques (par exemple le contrôle de la reproduction) sous des angles clairement identifiables comme féministes. Il se penche aussi, mais d'une façon moins détaillée, sur certains textes (plutôt des romans) qui sont antérieurs à l'émergence du genre comme le célèbre (du moins dans certains cercles) Herland de Gilman.

Même si ce livre est assez salutaire en ce qu'il rétablit certaines données factuelles un peu oubliées comme la fameuse légende urbaine du "prénom" non genré obligatoire de C. L. Moore qui est une fois de plus, renvoyée au rayon des fantasmes (à la base, on trouve l'information dans l'interview de Moore par Elliot), ou qu'il procède à une réévaluation du rôle de Gernsback dans la publication de ces premiers écrits féministes (c'est Westfahl qui va être content), il existe un certain nombre de choses qui m'ont moins séduit dans cet ouvrage. Pêle-mêle, je lui reprocherais son prix (quand même 70 Euros pour un livre de moins de 200 pages à la mise en page assez aérée), le fait que la partie vraiment consacrée à la SF ne commence qu'à la page 70 (le début du livre, en gros les trois premiers chapitres sur 5, est une étude sur l'histoire des sciences et du Darwinisme vue sous le prisme du féminisme) et le fait que le corpus étudié reste de facto assez limité (à une trentaine de textes). Il n'en reste pas moins que l'ensemble (du moins la partie SF en ce qui me concerne) est intéressant et bien mené. Un livre à lire pour mieux appréhender les débuts de l'implication des femmes et du féminisme dans le genre.

Note GHOR : 2 étoiles
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07/05/2021
_The Greenwood Encyclopedia of Science Fiction and Fantasy : Themes, Works, and Wonders : Volume 1_
The Greenwood Encyclopedia of Science Fiction and Fantasy : Themes, Works, and Wonders : Volume 1 : Gary WESTFAHL (editor) : 2005 : Greenwood Press : ISBN-10 0-313-32951-6 (la fiche ISFDB du titre) : xxxvi+455 pages (pas d'index ni de bibliographie dans ce volume) : coûtait 350.00 USD (le lot des 3 volumes) pour un grand hc sans jaquette difficilement trouvable à des prix acceptables.

Cet ouvrage fait partie d'un projet porté par Greenwood, un des éditeurs majeurs d'ouvrages de référence sur le genre et piloté par Gary Westfahl, une des voix majeures du même domaine avec l'aide d'un "Advisory Board" particulièrement prestigieux (Bleiler, Clute, Kelleghan, Langford, Sawyer et Schweitzer). Il s'agit de l'une des (relativement) nombreuses encyclopédies de la SF et de la Fantasy et aussi de l'une des plus récentes (relativement aussi). L'ensemble est plutôt massif et se divise en trois volumes de 450 pages, les deux premiers formant une encyclopédie thématique (Themes), le dernier (Classic Works) abordant les œuvres marquantes et contenant aussi tout le paratexte nécessaire (bibliographie, index).

Ce premier volume, outre deux préfaces (Gaiman & Westfahl), contient donc une moitié de l'encyclopédie thématique, celle allant de A (Absurdity) à K (Knowledge). Chaque entrée (il y en a 300 dans chacun des deux volumes) est écrite par un des 150 (!) contributeurs et suit un format standardisé. Elle commence parfois par une citation tirée d'une œuvre du genre puis est suivie d'une sorte de définition du terme (en quelques lignes). On trouve ensuite le corps principal de l'entrée (entre une et deux pages), une partie "Discussion" qui pose un certain nombre de questions et enfin une courte bibliographie (secondaire) relative à ce thème (au plus une dizaine de références, souvent moins). Il n'y a donc pas, dans ce volume 1, ni d'index ni de bibliographie générale (qui sont en fin du troisième volume). A noter l'utilisation d'un système de renvoi classique vers d'autres entrées via l'utilisation de mots en gras.

Au vu de la liste des contributeurs et de la présence de la crème de la réflexion sur le genre, j'avoue que je m'attendais à être nettement plus emballé. La plupart des entrées sont soit d'un classicisme à la limite de la platitude, soit d'un foisonnement inadapté à leur faible longueur (cela part parfois dans tous les sens, y compris au sein d'un chapitre). On peut ajouter à cette impression le classique phénomène d'hétérogénéité dû à la multitude d'intervenants et à leur capacité plus ou moins grande à développer de façon intéressante le thème sur lequel ils écrivent.

J'ai aussi trouvé que certaines œuvres revenaient de façon trop régulière et figuraient dans trop d'entrées thématiques. Sans doute est-ce une façon de "rentabiliser" le volume 3 mais cela laisse surtout une impression de redites permanentes et d'un manque d’ampleur dans les recherches. On trouvera par exemple une évocation de Peter Pan (de J. M. Barrie, qui n'est pourtant pas l'un des textes phares de la SF ou de la Fantasy) dans les entrées Children, Exile, Fairies, Fathers, Flying, Guilt and Responsability, Home et Immortality and Longevity (cela uniquement pour le premier tome, il apparaît ensuite 13 fois dans le second) ce qui fait quand même beaucoup. Pourtant, certaines entrées (par exemple Jupiter and the Outer Planets) arrivent aisément à donner une bonne image de l'immense variété du genre en allant chercher des références à la fois pertinentes mais aussi originales (on y parle pêle-mêle de Carter, Carver, McBride Allen, Bova, McCollum ou Nourse). Globalement un ensemble que j'ai trouvé assez pesant et pas particulièrement instructif. On est encore loin de la SFE.

Note GHOR : 2 étoiles
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28/04/2021
_The Rise and Fall of American Science Fiction, from the 1920s to the 1960s_
The Rise and Fall of American Science Fiction, from the 1920s to the 1960s : Gary WESTFAHL : 2019 : McFarland : ISBN-13 978-1-4766-7494-0 (la fiche ISFDB du titre) : x+301 pages (y compris bibliographie et index) : coûte 45.00 USD pour un tp non illustré, disponible chez l'éditeur, existe aussi en ebook (-3851-5).

Paru chez un éditeur au vaste catalogue d'ouvrages de référence sur le genre et sous la plume de Gary Westfahl, un iconoclaste auto-proclamé de la réflexion sur celui-ci, cet ouvrage mérite sans doute réflexion avant d'être acheté. En effet, à première vue et en se fiant à la présentation et aux diverses sources en ligne, il n'est pas évident de deviner qu'il s'agit non pas d'un ouvrage monolithique mais d'un recueil d'essais (il en comprend quatorze de taille très variable, de 8 à 20 pages). De plus, on découvre assez vite en farfouillant dans sa bibliothèque de référence qu'une bonne moitié (8 sur 14) des textes ne sont même pas des inédits (ils viennent essentiellement de plusieurs encyclopédie parues dans les années 2000) voire qu'ils ne sont pas tout jeunes (1994 pour le plus ancien).

On est donc face à quatorze essais ventilés de façon assez arbitraire dans les cinq décennies évoquées dans titre de l'ouvrage. Les différents textes abordent parfois des points précis (les cinq premières anthologies de SF, un "comparatif" Van Vogt/Heinlein, le numéro d'Amazing Stories d'Aout 1928) de l'histoire du genre ou, à l'inverse, couvrent l'ensemble de la période considérée voire même plus (l'illustration SF, la Hard Science, l'économie du genre). On notera la présence de copieuses notes, d'une roborative bibliographie secondaire et d'un index.

Une fois la déception du manque d'originalité et d'une structure peu lisible passée, l'ensemble est de facture "westfahlienne" classique, c'est à dire alliant une grande connaissance du genre et de ses multiples recoins à une prise de position souvent opposée à un certain courant qui tente de présenter la SF sous un jour (trop) flatteur. Il prône la centralité pour le genre de personnages comme Gernsback et de modes spécifiques comme le space-opéra. Comme je l'ai souvent écrit, je suis généralement en accord avec l'auteur et je n'ai pas trouvé matière à changer d'avis à la (re)lecture de ces essais. On appréciera d'ailleurs le fait que, pour une fois, l'amateur de SF de longue date Gary Westfahl perce parfois sous l'universitaire, ce qui apporte une certaine fraîcheur à l'ensemble.

Au final, l'ensemble forme une solide collection d'essais bien dans le style et avec l'argumentaire de Westfahl qui pourra sans doute en énerver certains (c'est sans doute là un des buts de l'auteur) mais qui a clairement le potentiel d'initier une discussion avec l'histoire "canonique" du genre telle qu'elle est en train de se fossiliser. Ces interrogations sont toujours salutaires et, même si l'ensemble manque évidemment d'unité et fait parfois penser à un de ces fix-ups dont la SF est friande, l'ouvrage mérite d'être lu ou (hélas pour ceux qui ont déjà quelques ouvrages de référence sur leurs étagères) relu. A lire ne serait-ce que pour ne pas être d'accord avec l'auteur.

Note GHOR : 2 étoiles
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29/03/2021
_Foundations of Science Fiction_
Foundations of Science Fiction : A Study in Imagination and Evolution : John J. PIERCE : 1987 : Greenwood Press (série "Contributions to the Study of Science Fiction and Fantasy" #25) : ISBN-10 0-313-25455-9 (la fiche ISFDB du titre) : xv+290 pages (y compris bibliographie et index) : coûtait plusieurs dizaines d'USD pour un hc non illustré sans jaquette, rarement disponible sauf désherbage de bibliothèques universitaires.

Pour faire simple, cet ouvrage est en fait le premier tome d'une massive histoire de la SF par John J. Pierce (qui a été rédacteur en chef de Galaxy pendant trois ans) que les hasards de la constitution de ma bibliothèque de référence m'ont fait lire en dernier. Les autres titres de la "série" sont Great Themes of Science Fiction, When World Views Collide et Odd Genre, tous parus chez Greenwood sur une période assez longue.

S'agissant de la première partie de l'ensemble, Pierce choisit d'une façon logique de nous raconter la genèse et l'évolution du genre en quatre parties et une douzaine de chapitres en déroulant la chronologie habituelle de ce genre d'exercice (de Platon à C. J. Cherryh en passant par Verne, Wells, Asimov) et passe aussi en revue la plupart des SF "nationales" importantes. On notera que le texte lui-même ne fait que 220 pages, le reste du livre étant occupé par les notes, une copieuse bibliographie (30 pages) et un index.

Je vais essayer d'éviter de me redire et je vais donc me borner à constater que Pierce a une vision du genre et de son histoire qui ne sont parfois pas canoniques mais que j'ai tendance à partager. En plus, on sent chez lui une grande érudition es-SF (ou alors une bonne bibliothèque de référence) qui fait toujours son effet. Enfin, il a le chic pour glisser dans ses exemples un certain nombre de pépites (ou de trucs à peu près inconnus, de Norman L. Knight à Andrew Offutt en passant par H. Beam Piper) qu'il incite ainsi à (re)découvrir. Un ensemble (les 4 volumes) à lire ne serait-ce que pour argumenter avec les positions de l'auteur et qui aurait sans doute mérité d'être publié en un seul (gros) volume et, en ce qui me concerne, lu dans l'ordre.

Note GHOR : 2 étoiles
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04/02/2021
_Cyberpunk_
Cyberpunk : Histoire(s) d'un futur imminent : Stéphanie CHAPTAL & Jean ZEID & Sylvain Nawrocki : 2020 : Ynnis Editions : ISBN-13 978-2-37697-189-4 : 208 pages (y compris bibliographie "sélective" et index) : coûte 29.90 Euros pour un grand tp au format carré largement illustré en couleurs, disponible chez l'éditeur.

Ah, le Cyperpunk ! Comme le Steampunk, ce sous-genre éphémère a toujours eu la grosse cote auprès des amateurs francophones au point même que l'on a pu parfois penser que, pour certains, la SF n'a été à un moment donné constituée que de textes d'inspiration CP. Sans doute est-ce là l'expression de l'inconfort fondamental de la culture française vis-à-vis de ce pur produit US qu'est la Science Fiction.

C'est donc à une promenade dans cette sous-section de la SF que nous convient les trois auteurs (inconnus) de cet ouvrage qui joue clairement dans la catégorie des "beaux livres". Pour toucher un large public, la structure de l'ouvrage est parfaitement claire avec une division en sept parties de taille variable (la partie littérature étant la plus fournie, la partie musique la moins riche) : les origines du Cyberpunk (qui sont essentiellement littéraires), le CP à l'écrit (y compris en BD/mangas/Comics), le CP à la télévision, le CP au cinéma, le CP dans le jeu (surtout vidéo), le CP dans la musique et enfin une conclusion sur le futur du CP. Le tout est très richement illustré (mais pauvrement légendé) et propose un nombre significatif d'interviews de divers acteurs. Un index (trop léger pour être exploitable) et une bibliographie "sélective" (c'est à dire réduite à une petite dizaine de références) complètent l'ensemble.

Le résultat est sans doute conforme au cahier des charges que l'on peut supposer avoir été celui des auteurs : présenter le Cyberpunk dans ses multiples expressions et montrer visuellement sa présence indiscutable dans la culture geek actuelle. C'est parfaitement flashy, d'une mise en page sans doute branchée (la lisibilité est un autre problème), très largement illustré (mais comme d'habitude dans l'édition française sans aucun détail) et assez facile à lire. J'avoue que j'ai quand même eu un gros instant de doute dès les premières pages quand j'ai lu que Van Vogt écrivait de la Hard Science et que Flow My tears de PKD était la suite de Blade Runner. Heureusement, l'ensemble s'est ensuite révélé d'une facture beaucoup plus sérieuse avec des recherches un peu plus approfondies même si quelques membres du "club" CP ont été un peu laissés de côté (on pensera à Pat Cadigan ou à Wilhelmina Baird).

Conceptuellement, il y a deux problèmes avec les positions de cet ouvrage. Tout d'abord, et comme de nombreux interviewés le soulignent, le Cyberpunk est une branche de la SF qui est morte depuis longtemps en tant que mouvement autonome et structuré. Il est donc assez trompeur de vouloir en dresser une chronologie qui s'étend jusqu'en 2020. Comme d'autres mouvements/clubs/courants/sous-genres avant et après lui (de la New Wave à la climato-fiction en passant par le Steampunk ou les mouvements féministes), les spécificités de ce mouvement (ses thématiques, son "ton", ses techniques narratives voire même ses stéréotypes) ont fini par être intégrées dans le discours "général" de la SF et ne sont plus au mieux qu'un des "modes" du genre (et au pire une étiquette commerciale). Du coup, et face à un mouvement défunt, la tentation est parfois de coller systématiquement l'étiquette CP sur tout ce qui passe et qui comporte un ordinateur (ou des bas-fonds). C'est ce choix de "ratisser large" qui a été visiblement fait par les auteurs. Pour eux, un texte CP doit : 1) être situé dans le futur, 2) contenir des ordinateurs et/ou des robots et 3) explorer la thématique d'un monde inégalitaire (souvent suivant l'axe Riches vs. Pauvres). Ces critères particulièrement généraux expliquent comment une large partie de la SF se trouve rattachée au CP par les auteurs. C'est aussi la raison pour laquelle on peut trouver dans cet ouvrage des essais aussi incongrus que ceux sur John Scalzi, Red Dwarf ou Une créature de rêve qui sont respectivement présentés comme un auteur CP, une série télévisée "d'inspiration" CP et un film CP. Au final un ensemble plutôt intéressant et pas mal exécuté (même si un peu fouillis) mais qui donne parfois l'impression dans son désir d'annexer la majorité du genre que la grenouille Cyberpunk a voulu se faire aussi grosse que le bœuf Science Fiction.

Note GHOR : 2 étoiles
18:32 | 18:32 | Ouvrages thématiques | Ouvrages thématiques | Lien permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Commentaires (0) | Tags : français, cyberpunk, 2 étoiles | Tags : français, cyberpunk, 2 étoiles

